Longues peines, le pari de la réinsertion.
Auteur(s) : Laflaquiére Philippe
Édition : Milan
Année : 2013
Nb de pages : 113

Compte rendu

A partir de son expérience Philippe Laflaquiére, ancien juge de l’application des peines témoigne des moyens et réflexions à la réinsertion.

Il présente notamment plusieurs cas comme par exemple ceux de :

  • Pierre Bouffard, tentative de meurtre, vols, escroqueries…

Les permissions de sorties sont refusées les premiers temps,  puis après 7 ans il reçoit une première autorisation de sortie pour une course à pied. Ce moment est un électrochoc pour le détenu qui s’investit dans la formation « Espaces verts » et est affecté dans le bâtiment de confiance. Il recevra le soutien de l’Aperi (Aide aux personnes incarcérées) : hébergement en foyer et contrat d’Emploi Solidarité  (trois ans avant la fin de peine). Il meurt de la maladie de charcot.

  • Bernard R : viol sur sa fille

Les permissions de sorties sont accordées malgré des doutes sur la véracité de son engagement (très intelligent) mais s’est engagé dans une démarche thérapeutique et dans la réparation financière des dommages causés à sa fille.

 

  • Francis Ardanny : banditisme

Le juge se pose une question  « Veut-il, peut-il fendre l’armure, renoncer à la notoriété et au statut que lui ont conférés 30 années bien tassées dans le banditisme, puis en prison ? Accepter de n’être presque rien, socialement parlant, sinon, tout de même, un homme libre ? » Il est affecté comme responsable de la bibliothèque de la prison, pratique la médiation (invite Matthieu Ricard à l’un de ses forums), fait des études et participe aux activités musicales.

  • Christophe B : meurtre sans raison

Grâce à son investissement dans la prison, les permissions de sorties sont acceptées, mais personnalité étrange. Sa demande de libération conditionnelle est rejetée. Il sauve d’un incendie des détenus (dossier pour demander une grâce présidentielle, sans suite). Dix ans plus tard, il fait une nouvelle demande.  Le juge demande l’expertise d’une nouvelle psychiatre : son crime émane d’un défi lancé par un ami (sensation permanente de dévalorisation, besoin de l’attention des autres, recherche de sensations extrêmes). Sortie 16 mois avant la fin de peine.

Autres cas présentés : Petit Henry, Germain Liénard, Bertrand Cantat.

Les principes de la réinsertion :

  • Prévoir des étapes, des paliers de décompression indispensables :

Quelques heures pour retrouver des repères sociaux : découvrir la ville, prendre un ticket de transport, faire quelques achats…

Période de semi-liberté (environ un an).

Libération conditionnelle (heures de contrôle et assistance pendant 5 à 10ans).

  • Comprendre ou essayer de comprendre ce n’est pas céder à l’angélisme, ou nourrir une quelconque culture de l’excuse.

Il existe bien une réalité sociologique, objective, dans une grande majorité des crimes de sang ou crimes sexuels.