Lire en prison. Une enquête en chantier.
Auteur(s) : FABIANI Jean-Louis, Cercom
Édition : Parenthèses
Année : 1995

Compte rendu

L’auteur introduit son propos par une critique de l’histoire de la sociologie du livre (née suite à la baisse d’attractivité de la lecture). Les études développent principalement deux constats :
1. La stratification sociale des usages de la lecture.
2. La transformation tendancielle des pratiques au cours du temps.
 
Les données produites lors des enquêtes de pratiques culturelles sont affectées par :
1. La variation sociale de la définition du livre.
2. La capacité différente de mobiliser les ressources de la mémoire.
3. Les attitudes de bluff.
Les enquêtes standardisées sur la lecture ne prennent pas en compte la diversité du livre. Certains chercheurs vont donc privilégier l’approche anthropologique à l’enquête quantitative.
 
 
L’auteur fait référence à plusieurs chercheurs qui ont permis de renouveler l’approche de la pratique de la lecture : François de Singly, Bernard Lahire, Jean-Claude Passeron, Michel de Certeau, Roger Chartier.
 
L’auteur présente ensuite sa méthodologie d’enquête (entretiens semi-directifs, échantillonnage) et évoque le risque de « surinterprétabilité » du milieu carcéral et les deux écueils à éviter :
1. Retenir uniquement les opérations les plus significatives.
2. Dresser un tableau négatif en se fondant sur la forte population de non-lecteurs.
 
La recherche en milieu carcéral impose de nombreuses contraintes : caractère incontrôlable des situations d’observation (définies par la direction, modification en cours d’observation…), conseils des détenus et des surveillants (sur l’argot carcéral, l’évaluation de la qualité d’un surveillant ou la dangerosité d’un détenu), stratégies de bluff, difficulté d’observer de manière prolongée la pratique en bibliothèque et en cellule…
 
L’interprétation sociologique doit faire face à la singularité de chaque contexte carcéral.
« C’est précisément la comparaison ordonnée des contextes qui donne son sens à l’analyse. »