Pratiques culturelles, 1973-2008 Dynamiques générationnelles et pesanteurs sociales
Auteur(s) : Donnat Olivier
Édition : Ministère de la Culture
Année : 2011

Compte rendu

Depuis 1973, le ministère de la Culture et de la communication réalise une enquête sur les pratiques culturelles des français.

Ce rapport propose une synthèse des résultats des cinq éditions.

  • Certaines pratiques connaissent une évolution régulière à la hausse comme la télévision et la musique. Toutefois l’augmentation du temps consacré à l’Internet et aux nouveaux écrans se fait au détriment de la télévision notamment chez les jeunes.
  • D’autres pratiques connaissent une évolution à la baisse comme la lecture d’imprimés (journaux et livres) ou la radio qui a d’abord connu une augmentation dans les années 1980. Toutefois le rapport nuance la baisse de la lecture : d’une part  la lecture sur écran et la lecture pour l’enseignement et le travail augmentent ; d’autre part la lecture a perdu son pouvoir symbolique auprès des jeunes (ils surestiment  moins leurs pratiques, voire la sous-estime). 
  • Essor des pratiques en amateur : l’essor du numérique a élargit le spectre des modes d’expression.
  •  Fréquentation occasionnelle des établissements culturels à la hausse, mais diminution de la fréquentation des habitués.
« Ce constat pousse à considérer que les effets des progrès de la scolarisation sur la participation à la vie culturelle ont donc été globalement positifs puisque le doublement de la population titulaire d’un diplôme égal ou supérieur au bac au cours de la période n’a pas entrainé de recul généralisé de son engagement dans les pratiques culturelles. Toutefois, les baisses enregistrées dans les domaines du théâtre, des concerts classiques et du cinéma (pour sa fréquentation régulière) et, surtout, le recul important de la lecture d’imprimés donnent la mesure des transformations qui ont affecté l’univers culturel des milieux diplômés. »
 
  • Les inégalités sociales et territoriales d’accès à la culture demeurent. Toutefois l’auteur souligne que l’enquête ne prend pas en compte  l’évolution socioéconomique :

« il convient de ne pas oublier que la part des premiers (cadres supérieurs) dans la societé francise a doublé depuis le début des années 1970 pendant que celle des seconds (ouvriers) déclinait. »

  • Vieillissement des publics et effets de génération qui s’explique par l’allongement de la durée de vie, l’intérêt plus important des générations ‘baby-bommers » pour les sorties culturelles et la désaffection plus ou moins marquée des jeunes générations pour la lecture ou les concerts de musique classique. De plus la culture juvénile a pris de l’ampleur de génération en génération. 

« les marqueurs générationnels ont gagné ces dernières décennies à la fois en force et en durée : en force, parce que la jeunesse constitue un marché toujours en expansion et que les adolescents d’aujourd’hui disposent de moyens technologiques de plus en plus sophistiqués pour construire leur propre univers ; et en durée, parce que le temps de la jeunesse s’est allongé et que le désir de rester jeune s’est généralisé. »

  • Féminisation des pratiques culturelles.

« Les femmes des générations nées à partir des années 1960 sont plus diplômées que leurs homologues masculins, avec une formation plus souvent littéraire ou artistique, elles sont plus nombreuses à occuper des emplois induisant un rapport quasi professionnel aux loisirs culturels, tout en demeurant souvent, au sein de l’espace domestique, en charge de la (re)production du désir de culture auprès des enfants. »