Blog

Les activités culturelles dans les prisons des Hauts-de-France

Contexte de l’étude « Culture & Justice »

 

                Dans le cadre des parcours d’exécution de peine, les services de l’administration pénitentiaire doivent concevoir des activités pour les personnes détenues. En ce sens, la direction interrégionale des services pénitentiaires de Lille (DISP) a signé plusieurs protocoles d’accords avec le ministère de la Culture et de la Communication ainsi que de nombreux partenariats afin de développer une politique commune en matière d’accès à la culture. Depuis 2016, elle a créé un service dédié à la coordination des activités au sein de chaque établissement.

En lien avec les structures culturelles des villes et des départements et avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC), les conseillers d’insertion et de probation et les coordinateurs des activités ont piloté plusieurs programmes d’activités culturelles  : arts plastiques, musique, atelier d’écriture, théâtre, etc.

Notre mission consiste à analyser les effets produits par l’action culturelle sur le capital social des individus.

 

Problématique de l’étude anthropologique

 

              Les finalités du développement de la culture en prison sont l’individualisation des peines et la préparation du détenu à sa réinsertion. En cela, les activités culturelles en prison n’ont pas vocation à apporter des compétences artistiques aux détenus mais des connaissances et aptitudes transférables dans le monde social et professionnel. Par leur dynamique d’échanges les pratiques culturelles doivent concourir à l’enrichissement de la personnalité et du capital social de l’individu.

Observer le capital social d’un individu par le prisme de l’action culturelle permet d’étudier l’articulation entre l’émancipation individuelle et la possession de codes, normes et réseaux relationnels. Il est admis que la culture est un véhicule essentiel de création et de transmission des valeurs et des représentations qui modèlent la nature et la qualité des relations sociales. Qu’elle ouvre à la pluralité des discours, à une meilleure connaissance du monde qui nous entoure et à la valorisation de l’estime de soi. Qu’en cela elle a un effet direct sur le sentiment d’intégration, de coopération, de confiance en soi et de tolérance à l’égard de la société et de la diversité qui la compose.

Mais au sein du système pénitentiaire, où la liberté d’expression et l’épanouissement personnel sont si fragiles, quelle place pour la culture ? Quel(s) sens, quelle(s) valeur(s) les détenus donnent à la culture ? Comment, en situation de coercition, le temps de la culture répond à des aspirations qui ne sont pas, en premier lieu, culturelles ? Comment les individus perçoivent-ils leurs aptitudes et leur niveau d’inclusion dans le projet ? Quels sont les enjeux que les projets artistiques posent aux acteurs de la pénitentiaire?

Autant de questions qui nous vaudra répondre pour mesurer les effets des actions culturelles en milieu carcéral.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *