Etude

Les enjeux relationnels des activités artistiques et culturelles en prison

Contexte de l’étude

Dans le cadre des parcours d’exécution de peine, les services de l’administration pénitentiaire doivent concevoir des activités pour les personnes détenues. En ce sens, la direction interrégionale des services pénitentiaires de Lille a signé plusieurs protocoles d’accord avec le ministère de la Culture et de la Communication ainsi que de nombreux partenariats afin de développer une politique commune en matière d’accès à la culture.

En lien avec les structures culturelles des villes et des départements et avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles, les services pénitentiaires d’insertion et de probation ont piloté une programmation d’activités culturelles adaptées à un public pris en charge en détention : arts plastiques, musique, atelier d’écriture, théâtre, etc.

Notre mission consiste à analyser les effets des activités artistiques et culturelles chez les personnes détenues.

Problématique

Nous entendons par enjeux relationnels les effets produits par l’action culturelle sur le capital social des individus.

Les finalités du développement de la culture en prison sont l’individualisation des peines et la préparation du détenu à sa réinsertion. En cela, les activités culturelles en prison n’ont pas vocation à apporter des compétences artistiques aux détenus mais des connaissances et aptitudes transférables dans le monde social et professionnel. Par leur dynamique d’échanges les pratiques culturelles doivent concourir à l’enrichissement de la personnalité et du capital social de l’individu.

Observer le capital social d’un individu par le prisme de l’action culturelle permet d’étudier l’articulation entre l’émancipation individuelle et la possession de codes, normes et réseaux relationnels. Il est admis que la culture est un véhicule essentiel de création et de transmission des valeurs et des représentations qui modèlent la nature et la qualité des relations sociales. Qu’elle ouvre à la pluralité des discours, à une meilleure connaissance du monde qui nous entoure et à la valorisation de l’estime de soi. Qu’en cela elle a un effet direct sur le sentiment d’intégration, de coopération, de confiance en soi et de tolérance à l’égard de la société et de la diversité qui la compose.

Mais au sein du système pénitentiaire, où la liberté d’expression et l’épanouissement personnel sont si fragiles, quelle place pour la culture ? Quel(s) sens, quelle(s) valeur(s) les détenus donnent à la culture ? Comment, en situation de coercition, le temps de la culture répond àdes aspirations qui ne sont pas, en premier lieu, culturelles ? Comment les individus perçoivent-ils leurs aptitudes et leur niveau d’inclusion dans le projet ? Quels sont les enjeux que les projets artistiques posent aux acteurs de la pénitentiaire?

Autant de questions qui nous vaudra répondre pour mesurer les effets des actions culturelles en milieu carcéral.

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