Le personnel de surveillance des prisons. Essai de sociologie du travail.
Auteur(s) : Benguigui Georges, Chauvenet Antoinette, Orlic Françoise
Édition : Droit et société, n°22
Année : 1992
Nb de pages : 491-497

Compte rendu

Les points abordés sont issus d’une recherche sociologique menée dans sept établissements pénitentiaires.

Le premier constat est qu’il n’existe pas de définition précise des tâches à effectuées par les surveillants.  Le processus se caractérise par une adaptation permanente.

Le deuxième constat est que le rapport aux personnes détenues est un rapport de force, générateur de tensions. Ce qui a trois conséquences :

  • la mission principale est de maintenir la paix sociale.
  • Les surveillants sont dans une position réactive plutôt qu’active.
  • Ils doivent négocier avec les personnes détenues tout en assurant individuellement leur autorité.

Ce qui implique que les surveillants ont une position clef dans l’organisation et un certain pouvoir discrétionnaire (accorder ou refuser un privilège, autoriser ou non la circulation d’objets, rendre ou refuser un service, justifier une procédure disciplinaire…)

Il existe un phénomène d’usure de l’autorité lié à la pression exercée par les personnes détenues et à une politique de flexibilité. Il se traduit par le développement de situations de tolérance. Et aboutit à une contradiction entre missions formelles et informelles, entre logique bureaucratique et logique du maintien de l’ordre, entre sécurité et réinsertion.

L’information sur ce qui se passe en détention, via le cahiers d’observation, devient un  moyen de contrôle des surveillants et engendre un filtrage et un système informel d’information.

Le pouvoir des surveillants varient en fonction du type d’établissement (centre de détention, maison centrale ou maison d’arrêt).